Scandinavia – terra d’escritura

La Norvegia, la Suèda, lu Danemarc e la Finlanda son los païs comptats dins ‘quò que ‘pelam correntament la Scandinavia, sens obludar l’Islanda.

Per me, es l’enchaison de tornar aviesar ‘na carta, de far un punt sus luquau es luquau dins los païs tant coma dins daus autors e autritz que mai d’una vetz, dise « scandinave » per estre segur de pas ne’n contar una.

Herbjørg Wassmo « Voyages », es una autritz de Norvegia.

Un recuelh de racontes corts (>lm) que fau pas los legir un jorn gris que quò la vida.

Katarina Mazetti « Mon doudou divin ».

Tomas Tranströmer « La grande énigme ».

Maj Sjöwall e Per Wahlöö « Le policier qui rit », son daus autors de Suèda.

Un libre contra la conaria deïsta (>lm), un poëta dau cort (>lm) e un policier (>lm)… dau nòòòòòòòòrd de l’Euròpa.

rn Riel « Un curé d’enfer et autres racontars », « La passion secrète de Fjordur et autres racontars » e sus ‘na mòda autra, « Le jour avant le lendemain », se, eu es dau Danemarc.

Los dos prumiers (>lm) son daus racontes umoristiques sus la vita « entre òmes » dins las colonias dau Groënlande e lu long de las costas dau nòrd artic. Lu darnier se passa chas daus Inoïts, qu’es l’istòria d’una granda, « obludada » mai son pitit filh a l’acialat d’una isla.

Arto Paasilinna « Le lièvre de Vatanen », « Petits suicides entre amis » e « Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison » es un autor de Finlanda.

Los 3 sont de bona legida, mai-que-mai « pitits suicides… » que lu rire risque de vos prener e vos tener un bocin de temps. « La lebre… » es ‘na pradelada dins la Finlanda, facha per vos balhar enveia d’i anar far lu torista. « Lu vargier… » es un boiradís d’intra ‘na descripci’ « policiera » dau biais de viure daus de Finlanda, los enjuòcs economiques de la cultura biò daus champanhous e la politica estranhiera de la Finlanda au mitan de l’OTAN, de la Russia e de l’Euròpa.

Atenci’, « la lebre… » coneguet ‘n’adaptaci’ sos la fòrma d’un filme, pardet pas vòstra moneda, lu filme es ‘na marda. Ai pas d’enquera vut l’adaptaci’ dau « pitits suicides… ».

Vene mas de ‘chabar « lu vargier daus raubors… », que la Mela©, absenta per totaura, vos aviá balhat lu darnier de cuberta aquí (>òc), es ‘na meravelha d’umor, que los païsatges son estats descrichs desempuei las fotografias dau cibercaier de la Merike (>en, cat, fin).

De que legir

Qu’eria per alhors, mas perque pas iò publiar aquí :

Neil Postman suggérait que ce pourrait bien être Aldous Huxley, qui redoutait qu’on n’ait plus envie de lire des livres, qui aurait finalement raison contre George Orwell, qui craignait qu’on les bannisse. Annihiler cette envie de lire, voilà ce qu’accomplirait désormais le divertissement médiatique, anesthésique d’un genre différent de celui de Pascal, notamment par sa portée politique. Ce divertissement est un cocktail abrutissant qui laisse bien peu de chance à la culture générale, à sa diffusion et à son appréciation mais qui, en revanche, met les spectateurs, lecteurs ou auditeurs, à la merci des annonceurs.

Patrick Le Lay, grand patron de tf1, levait le voile sur cet aspect des choses en déclarant : « Il y a beaucoup de façon de parler de la télévision. Mais dans une perspective business, soyons réalistes : à la base, le métier de tf1, c’est d’aider coca-cola, par exemple, à vendre son produit […]. Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à coca-cola, c’est du temps de cerveau humain disponible. »

Cette longue citation est tirée du livre de Normand Baillargeon « Liliane est au Lycée – Est-il indispensable d’être cultivé ». Cet ouvrage développe un ensemble de réflexion sur la culture générale.

La culture générale possède la même qualité que le sel en cuisine, celle d’une saveur dans la vie. Et rien de mieux pour comprendre le mode de vie actuel que la lecture. Pour relever votre été l’automne, voici une petite sélection de quelques lectures dont le sujet n’est pas la décroissance, enfin pas directement ; ceux et celles qui cherchent des « têtes d’affiches » pour penser la décroissance iront faire un tour dans le journal éponyme, numéro double été 2014, n° 111, 4€50 chez votre marchand de journaux.

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Aldous Huxley « le meilleur des mondes » (traduit de l’anglais par Jules Castier).

L’action se passe dans une société mondialisée, société avec une structure très hiérarchisée dans laquelle l’eugénisme est la règle à l’intérieur des fabriques de nourrissons, dans laquelle les êtres sont conditionnés pour effectuer des tâches précises, une société où le bonheur obligatoire est la règle. L’humain, le « sauvage » est parqué dans des réserves.

Un jour, une expédition en « sauvagie » ne se déroule pas comme prévue…

C’était un futur possible, nous y sommes, de plain-pied.

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Alex Garland « la plage » (traduit de l’anglais par Jeanne Rovet & Marianne Brun-Rovet).

Richard cherche un dérivatif à son existence. À force d’îles désertes et d’endroits vierges des marques de la civilisation occidentale, au fil d’une course aux sensations extrêmes, le routard entend parler de « sa » définition du paradis : une plage où l’on peut vivre de riz, de poisson et de marijuana.

Il finit par trouver cette île, véritable paradis, occupée par quelques occidentaux et gérée d’une façon « autogestionnaire », loin de tout, loin des contraintes ; le paradis va vite virer à l’enfer autoritaire par la seule irruption du « réel ».

Le livre duquel a été tiré le film. C’est une très belle métaphore pour les bâtisseurs de « château en Espagne », avec des gouffres immenses pour se protéger des maux civilisationnels.

Le second intérêt du livre est sa critique, légère, du touriste et du tourisme, qui passe très rapidement de routard à charter, entraînant perte d’identité et d’authenticité des « spots » à la mode.

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Katarina Mazetti « mon doudou divin » (traduit du suédois par Lena Grumbach & Catherine Marcu).

Wera, pigiste aussi fatiguée que son compte en banque trouve une annonce pour un stage de spiritualité. Ce stage ne propose rien moins que de forger son dieu, à soi, à son image.

Voici le récit de quinze jours de « spiritualitude » comme dirait l’autre, dans une communauté dirigée par un gourou un peu mou et sa femme cripto-féministe-intégriste, une communauté où elle se retrouve avec une demi-douzaine de personnes qui n’ont pas plus l’air illuminés qu’elle ne l’est.

Ce livre offre quelques armes pour faire face aux gourous dépressifs en tout genre qui voudraient vous faire prendre la moindre étincelle de temps présent pour la lumière, face aux alcooliques qui ont trouvé la lumière dans le fond d’une bouteille de « zenitude », face aux charlatans qui prêchent la pauvreté mais eux illuminent leur garage avec 20 Rolls-Royce, face à ceux qui vous vendent la méditation comme un forfait téléphonique*.

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Pierre Lamalattie « précipitation en milieu acide »

« Si, dans cinq cents ans, des archéologues voulaient savoir ce qui s’est passé au XXe siècle en se limitant à la peinture moderne, ils ne trouveraient quasiment aucune trace des guerres, ni des totalitarismes.»

Voici une citation tirée du dernier livre de Pierre Lamalattie, citation qui n’a guère de lien avec le sujet du livre, celui de la crise de la quarantaine et du vide sidérale de la vie d’un consultant partagée avec celle d’une tenante du « coaching », tant « managérial » que « coucouplénal ».

Ce livre n’est pas du tout décroissant, autant le dire tout de suite. Cependant c’est une très bonne analyse des attentes, des désirs d’une frange de la classe bourgeoise urbaine qui se présente, et est présentée, comme quasi seul modèle ; malgré les conflits, les contradictions et les impasses, c’est en homme moderne que le héros parviendra à la beauté d’être.

De toute la liste, c’est probablement le mieux écrit, dans une très belle langue.

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* Ces quatre exemples d’escroqueries au « bien-être » sont réels, j’ai les noms.

Mon potonors prejat-diu – Katarina Mazetti

Eu es ‘ribat lu libre daus occitanologistes, « Mon potonors prejat-diu », de la Katarina Mazetti.

A la poncha de l’an, aviá escrich sus ‘queu cibercaier que per chamjar de las japonisarias quò se parlara ujan de la cultura scandinava. Paraula non, o pauc, tenguda, mas veiquí un bilhet per me ratrapar.

‘Na tipessa, que fai la jornalista, sens tròp de monada, tomba sur ‘n’anonça per un stagí que perpausa de farjar, de se fabricar « son diu proprí »…

Lu libre es plasent, sens jamai ‘ribar de nos far tener los budeus, de nos far nos espofidar. Quauquas scenas son pertant fòrça bonas e lu biais de parlar daus nevrosats me fai pensar que i a una part de v’rai dedins lu roman, màs de sonjar a quauques amics minja-raiça e/o sens gluten e/o crudivòre e/o un pauc maniac… an qu’a minjar de la marda ilhs tot. Sembla que « lu tipe dau tombeu delai », lu libre que la faguet coneisser es mielhs, dès qu’eu me passa per las mans, ne’n parle aquí.

Dins lu chapeu d’aqueu bilhet, parle de l’occitanistan, v-òc-es, es un juesc coma un autre de remplaçar tau nevropate dins lu libre per tau de la secta, dau punt de vuda virtuala, segur, perque coneisse p’un occitaniste (afe quitament 😀 ). ‘Quò balha un pitit quauquaren entau boirar :

– la Anneta, la chefa dau tropeu : totas semblanças coma ‘na sindicalista de l’educaci’ nacionalista son las fruchas de l’asard.

– lu Adrian, qu’es lu chap de la tropelada. Un nevropate beu dins son ròtle de menor. Eu es dubert a totas las perpausici’s dau grop fau nonmàs que quò siguesse las sóas que siàian seguidas. Qu’es se e màs se que decida de las normaci’s daus diaus fabricats. Fau segre lu raijon e pas ‘nar de biais autrament quò bufa. Totas semblanças coma un linguïste… tene a mon rasteu de davant, vau pas ne’n dire mai.

– lu Quarim, lu pitit iranien que vòt que tot lu monde aimesse lu diu daus autres. Aquí, ‘quò seriá lu jornalet « la toïtejada », perque, quante dins vos toïtes i a lu #occitan ou lu #occitania o un chause entau, setz automaticament dins la pajina. Qu’es pas colhon d’alhor per centralisar los vejaires, mas balhar un eivís ne’n quauques 100 caracteres, sabe pas far, adonc, pòde pas parlar de quauquares que coneisse pas (per chamjar).

– Eva Maria – la grisa. Una femna que venguet dins lu stagí mas que sabiá tot per avança, un pauc coma ‘quela gent que vos disen lu vocabularí de la vòstra familha « arcaïc » perque pas pro conegut chas los occitans oficiaus, los daus libres que fan fe. Que vòstra familha parlesse entau es pas greu per lu que fai las gramarís, lu cosin dau normopate, o sa cosina, perque la virada « filha » eissista, e ‘la s’esmangonha ‘la-tot tras la tiala. Coma disen los occitans blos : « cal, cal, cal… ».

– las Madelana e Vera, las redactritz dau libre. Perque l’ai pas d’enquera dich mas es un libre a doas votz. Pòde me trompar, mas me songe que quò es ‘na sola e mesma persona. Entau fasent am un libre mai dos punts de vuda. Coma es escrich per estre risolier, coma es escrich per ‘na goiata, ‘na goiata que fai dau chamin mai ‘na p’ita veitura, ‘na goiata que parla de sos sotliers. V-òc-es, i setz, es la nòstra M© d’alhor, a la fin d’aqueu mes de mai, ‘la ne’n es totjorn pas tornada, una secta, vos dise.

– Lu Bertilh. Estranjament, es lu que a la desbuta aimava pas. Un costat « pitit vielh libidinós » dins sa descripci’, e puei, lu vesem ne’n contar, sus se, sus los autres. Es un daus pus « racionaus » dins son eideia daus diaus.

[…] Ta fe despen de l’endrech ente eisiguetes e de l’epòca que tu ses nascut ! Per eisemple, quala es la probabilitat de prener la creiança sikh quente sautetes dins ‘na familha d’obriers au mitan de la Sueda, o b’etot, far lu pestre aztecque ‘na vetz nascut dins ‘na maternitat de Tōkyō ? Comint creire que la creiança dins laquala davaletes per lu caprice de la geografia pòt estre la sola vertat ?

A la fin, eu eisplica que per se, los diaus, son pas ‘quilhs que van lu sonhar de sa malàudia, tant coma los mentaires que fan los medecins. Eu se sap condamnar a crebar, generós, eu balha tota sa fortuna a la secta. Sabe pas me, mas eu sembla un pauc lu que ten un cibercaier ne’n lemosin°.

‘Tenci’ : p’un-a occitaniste-a fuguet blessat-ada dau temps de l’escritura d’aqueu bilhet, beleu nafrat-ada mas fau iò metre dins ‘na pòcha e pausar un mochador dessus.

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° I a màs que coneisse un pauc ‘quela saloperia de lemosin e eu vòu pas passar de l’autre costat deman, ‘netz donc dever continuar de legir de las connarias.