Le patois, certains disent que c’est une langue…

Un billet en langue françoise, sous le joug de la colère.

« Les Enjeux internationaux » (>fr) est une courte émission quotidienne de géopolitique qui s’applique à étudier les rapports du monde avec la France, dans la perspective nationaliste du redressement de l’importance de notre pays, le plus joli  du monde s’il n’y avait pas les autres…

Exemple de dialogue si vous n’êtes pas au fait :

– Aujourd’hui, nous recevons l’ambassadeur du Chênistan, alors, votre excellence, la balance commerciale de votre petit pays qui se situe aux confins de l’ Enforestie, votre pays disais-je, n’exporte que des glands, et il est frappé par la crise lui aussi, du fait de sa production saisonnale  !
– En effet, la balance commerciale avec la France, comme avec le reste du monde, notre balance commerciale est déficitaire, il faut dire que pour produire des glands, la France est bien pourvue.
– Hahahahahaha !

Et là, nous pouvons sans grandes peines imaginer le Thierry Garcin tirer une bouffée sur sa pipe délirante, la bouche en cul de poule. C’est un peu le tonton-Robert-raconte-nous-une-histoire de France Cul.

Ce vendredi 12 octobre (>fr) , Thierry Garcin nous entretenait de la place du français, la langue la plus belle du monde, la plus précise du monde, la plus originale, la plus ciselée, la plus de la plus de la plus que tout, la plus menacée dans ses superlatifs par la méchante langue anglaise ou la très méchante langue allemande°, sans parler des langues du reste du monde.

Défendre le français, c’est défendre la diversité. Parler les langues régionales, c’est diviser car c’est demander l’indépendance,

– Super-fonctionnaire-de-la-France-dans-l’international : [en Europe-le-diable, il y a] des technocraties mono-culturelles, monolingues…

– Thierry Garcin : Oui, il y a toute la question en Europe-le-diable,  mais nous n’avons plus le temps d’en parler, mais il faudra, c’est ce qu’on appelle les langues régionales ou minoritaires, jusqu’aux patois qui sont des langues paraît-il et ainsi de suite…

c’est mettre en péril les équilibres dominants, c’est se couper du monde ! On va mourir.

À dire la bouche en cul de poule.

Alors, parce que France Culture :

Francophonien-ne-s, le texte de ce superbe poème de Michèle Lalonde est disponible ici (>fr). Et pour répondre à une légitime interrogation, ce cyber-cahier, ce blog comme vous-dites, est habituellement rédigée en langue d’òc, ou occitan, dans sa livrée limousine.

… du nord-ouest, même, occitan du nord-ouest, hahahaha ! J’insiste, la langue d’òc de la Charente et du Limousin du nord-ouest, hahaha ! °°

Et par ailleur, le même Thierry Garcin serait bien inspiré d’écouter sa propre station, ce mardi 09 octobre,  « du grain à moudre » (>fr) par exemple. Il me semble que la fabrique du patois par le capital dominant est commencée…

Et l’espéranto, 125 ans cette année (>òc-lm), c’est pas pour les chiens.

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  • Per pas vos esmangonhar sòu o sòla, picatz aquí (>òc) , sus lu caier dau Jacmes.
  • E aquí maitot (>fr) chas lu JPC o d’enquera aquí chas un breton (>fr) ben melhor que me, de segur.

° totas las vetz l’Alemanha es persentada sos la fòrma « casque ponchut »
°° aquò es de l’umor, sabetz lu chause per rire, se tener los budeus.

Pour les Mélenchon, les Sarkozy, pour la fille La-Haine

Un billet en langue françoise pour une fois, au cas où un jacobin « banturle »  par ici, ils,et elle, ont dit :

« Quand on aime la France, on ne propose pas de ratifier la charte des langues régionales qui n’a pas pour but de faire vivre les langues régionales dans lesquelles je crois, mais de reconnaitre des droits linguistiques à toutes les minorités et de les placer sous le contrôle d’une Cour européenne qui jugera sans tenir compte de notre histoire nationale et de notre tradition républicaine. C’est le communautarisme qui est au bout du chemin et pas la défense d’un magnifique patrimoine de langues et de cultures qui font la richesse de notre pays. » Sarkozy

« Le bilinguisme c’est extrêmement grave » La-Haine (fille)

« La langue bretonne, a-t-il [Mélenchon] assené, est celle qui résulte du dictionnaire dit unifié de 1942, qui se substitue aux cinq langues bretonnes existantes» (NDR, traduire par : c’est la langue des collabos).

Speak white
il est si beau de vous entendre
parler de Paradise Lost
ou du profil gracieux et anonyme qui tremble dans les sonnets de Shakespeare

nous sommes un peuple inculte et bègue
mais ne sommes pas sourds au génie d’une langue
parlez avec l’accent de Milton et Byron et Shelley et Keats
speak white
et pardonnez-nous de n’avoir pour réponse
que les chants rauques de nos ancêtres
et le chagrin de Nelligan

speak white
parlez de choses et d’autres
parlez-nous de la Grande Charte
ou du monument à Lincoln
du charme gris de la Tamise
de l’eau rose de la Potomac
parlez-nous de vos traditions
nous sommes un peuple peu brillant
mais fort capable d’apprécier
toute l’importance des crumpets
ou du Boston Tea Party

mais quand vous really speak white
quand vous get down to brass tacks

pour parler du gracious living
et parler du standard de vie
et de la Grande Société
un peu plus fort alors speak white
haussez vos voix de contremaîtres
nous sommes un peu durs d’oreille
nous vivons trop près des machines
et n’entendons que notre souffle au-dessus des outils

speak white and loud
qu’on vous entende
de Saint-Henri à Saint-Domingue
oui quelle admirable langue
pour embaucher
donner des ordres
fixer l’heure de la mort à l’ouvrage
et de la pause qui rafraîchit
et ravigote le dollar

speak white
tell us that God is a great big shot
and that we’re paid to trust him
speak white
parlez-nous production profits et pourcentages
speak white
c’est une langue riche
pour acheter
mais pour se vendre
mais pour se vendre à perte d’âme
mais pour se vendre

ah !
speak white
big deal
mais pour vous dire
l’éternité d’un jour de grève
pour raconter
l’histoire d’un peuple-concierge
mais pour rentrer chez nous le soir
à l’heure où le soleil s’en vient crever au-dessus des ruelles
mais pour vous dire oui que le soleil se couche oui
chaque jour de nos vies à l’est de vos empires
rien ne vaut une langue à jurons
notre parlure pas très propre
tachée de cambouis et d’huile

speak white
soyez à l’aise dans vos mots
nous sommes un peuple rancunier
mais ne reprochons à personne
d’avoir le monopole
de la correction de langage

dans la langue douce de Shakespeare
avec l’accent de Longfellow
parlez un français pur et atrocement blanc
comme au Viêt-Nam au Congo
parlez un allemand impeccable
une étoile jaune entre les dents
parlez russe parlez rappel à l’ordre parlez répression
speak white
c’est une langue universelle
nous sommes nés pour la comprendre
avec ses mots lacrymogènes
avec ses mots matraques

speak white
tell us again about Freedom and Democracy
nous savons que liberté est un mot noir
comme la misère est nègre
et comme le sang se mêle à la poussière des rues d’Alger ou de Little Rock

speak white
de Westminster à Washington relayez-vous
speak white comme à Wall Street
white comme à Watts
be civilized
et comprenez notre parler de circonstance
quand vous nous demandez poliment
how do you do
et nous entendez vous répondre
we’re doing all right
we’re doing fine
we
are not alone

nous savons
que nous ne sommes pas seuls.

Speak white – Michèle Lalonde

-!-

Per ‘trappar dau mau, podetz far de las charchas sus la tiala mai « Onfray » o « Fourest », es gaire desparrier.

  • Un sití còrse (>cor) per i ‘nar fusinar de las eidèias e d’ente son tirats los bocins de textes.
  • La pagina dau fòrom (>òc) Occitània per segre lu desbat sus Melenchon-Tse-Toung
  • Un sití esperantiste IKEL (>eo)Internacia Komitato por Etnaj liberecoj – emai siguesse per mon peron dau costat de SAT (>eo)Sennacieca Asocio Tutmonda – (l’amassada mondiala daus anacionaus).
  • Un sití sus lu trabalh de la memòria (>fr).

Mai un sití d’esquera, de la man mança, afè gaucha.

Mélenchon à Bastia : La politique de la canonnière tricolore.