Duneton es mòrt

Segur, qu’eriá un amorós de la linga francesa, es pas bandit d’enquera, mas pas meitat chin per res, son istòria bassa lemosina e mai que mai la linga erián ‘quí, tras lu ceu de la bocha. Segur qu’eriá pas un « cal dizir aïtal », non, qu’eriá un tipe que tant « parler croquant » que « l’anti-manuel de français » son de las vitaminas per far se frutjar lu cerveu.

« Parler croquant » – França Cultura (>fr)

Le livre de Claude Duneton disait avec passion, humour et pertinence comment l’Etat français, aidé par la trahison des prétendues élites ainsi qu’il est de règle dans toute entreprise de colonisation, avait tout fait pour tuer les langues (en disqualifiant la culture qu’elles véhiculent) des territoires tombés dans son giron, constituant le royaume en empire. Il disait également comment cet Etat avait châtré sa propre langue en la privant de sa sève, de ses racines populaires, éclairant son propos de façon magistrale en faisant le rapprochement entre français, anglais et occitan.

l’eimatge es tirat d’aqueu sití (>fr)

Tirat de « je suis comme une truie qui doute » :

Oh c’est dangereux ça ! Laisser la réflexion à des spécialistes. Et si ceux qui réfléchissaient pour nous, des fois, étaient complètement tarés ? Hein ?… Ça peut arriver ! Ça c’est déjà vu. Souvent. Tenez, prenez la pollution. Un monsieur, à la télévision, fort pertinent je trouve, disait à peu près ceci — c’était à propos des boues rouges en Méditerranée — :

– On a du mal à comprendre que des gens aussi savants, aussi capables, tous ces chercheurs qui savent tout sur les acides, sur les dangers, qui ont fait tant d’études et peuvent inventer tant de belles choses plastiques, n’aient pas été capables de se rendre compte que de jeter leurs déchets dans la mer ça allait faire sale. Enfin ! Ce que le premier couillon venu aurait pu prédire, ces techniciens superbement intelligents et tout, et au courant des choses de la chimie, n’ont pas été foutus d’en avoir le moindre pressentiment ?… Faut pas pousser, disait trivialement le monsieur, de qui se moque-t-on ?… »
– Eh bien de nous, pardi ! On nous dit : vous faites pas de bile ! Les boues ? Les coffres radioactifs en béton qui craqueront sûrement d’un jour à l’autre ?… Turlutaines ! Les techniciens sont là, les savants sont là, on pense pour vous !
– Tiens, vraiment ?
– Oui, oui ! Aucune crainte ! Travaillez, prenez de la peine, l’action, l’action ! La réflexion ? Nous avons tous les spécialistes.
– Et si les spécialistes sont cons ?
– Comment osez-vous ? … Allons, des gens aussi capables !…

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Fotò : Xavier Lansade tirada dau sití (>òc-lm) de l’IEÒ Lemosin