§12 Jeudi 6 novembre 2014, fin de mâtiné

§12 – Dijòus 6, fin de mandinada

§12 Jeudi 6 novembre 2014, fin de mâtiné

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/!\ De metre dins l’originau

L’ordre des choses est un ordonnancement complexe, avec plusieurs facteurs interdépendants mélangés à des liens de causalité souvent invisibles. L’effervescence à la gendarmerie de St Junien avait été vive après la découverte des possibles interactions entre deux affaires assez différentes en dehors d’avoir eu pour cadre temporel les fêtes de Toussaint.

Il avait été décidé de faire de la petite gendarmerie le quartier central des affaires. Les policiers de La Rochelle viendront dans la cité gantière.

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/!\ De metre dins l’originau

Sortir, descendre du train et fouler le sol du quai, cérémonial classique avant de suivre la lente procession des voyageurs aux derniers kilomètres à effectuer avant destination finale, qui en automobile, qui à pied, à vélo.

Présentement, pour l’inspectrice en chef de La Rochelle, s’était son collègue qui était attendu. Même si la gare de St Junien ne se présentait pas comme immense, elle mit à profit le moment pour observer environnement formé par les deux voies en service, le passage pédestre en leur milieu, et au-delà du bâti et ses sorties sur les côtés, la porte, en son milieu, automatique et fatidique.

Alain sortait de la voiture de l’APER’0 quand Sylvaine sortait de la gare. Rapidement mise au parfum des derniers rebondissements, ils se dirigèrent vers l’hôtel afin de prendre ses aises.

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Sortir, descendre du train et fouler le sol des quais de la gare, respirer un grand coup pour chasser atmosphère viciée du train, puis, suivre la procession des voyageurs des voyageurs et son cérémonial aux porte-ondes. Arriver dans la chambre haute de la gare des Bénédictins, église de Notre Dame des horaires, bâtiment des temps industrieux d’une époque où la forme et la fonction modelaient une partie de l’architecture.

Dans cet espace réservé aux fidèles, où les sons se battent les uns contre les autres après avoir heurté la messe des horaires, litanie des retards et des correspondances, des yeux se cherchent avant de se trouver dans un sourire.

Nombreux sont encore, parmi ces yeux, ceux, qui dans un mouvement de tête vers le haut, semblent saluer la grandeur et la beauté du lieu.

Madame Fontanilhas en cet après-midi ne perdra pas une heure dans ce salon. Elle avait accepté de retourner à St Junien à la condition que quelqu’un vienne la chercher à la gare de Limoges.

Au milieu d’un groupe de jeunes aux pantalons tombants sous le poids de leurs soucis, une punkette à chien demandait une piécette pour pouvoir se payer le trolleybus. D’une main ferme, la femme serra son sac à main contre elle, comme si ce monde présent en avait après elle. C’est la gendarmette qui la première la remarqua.

— Bonjour, vous avez fait bon voyage.

— Oui, merci. Je contais ne revenir à St Junien que demain, avec ma sœur qui descend dans sa villa du midi. Nous serions remontés avec Marie-Angeline et mon marri ce dimanche soir en train, car je pense que l’enquête sur cet horrible accident ne nous permet pas d’utiliser encore la voiture.

— Ça prend du temps en général, surtout dans ce genre de drame.

— Enfin, heureusement que nous en avons terminé avec les dédicaces du dernier livre d’Amelie Nothomb à la librairie, autrement, je n’aurai peut-être réussi à venir que cet après-midi. Des journées comme celle-ci, il faut aller cherché l’autrice, l’inviter à manger, préparer l’espace dédicace, parler à la presse, aux personnes présentes… Et c’est toujours dans ces moments-là que vous arrive une tuile, quatre vendeuses qui font défaut, d’un coup, la gastro de la rentrée, et c’est moi, la directrice qui me trouve obligé de tailler dans mes congés.

— Elle parle d’une relation avec une de ces lectrices, non ?

— Oui. L’histoire est celle d’une lectrice qui tombe amoureuse d’une romancière à succès. Rien d’original, c’est dans l’air du temps. Avec les événements de la gare, je n’avais pas commencé à le lire. Alors quand les employés m’ont appelé pour me faire venir, je l’ai fait en diagonal, je le lirai à Noël. Mais c’est un bon livre, et il se vend bien.

— Je me le ferrai peut-être offrir. Je suis une grande lectrice d’uchronie, mon copain, lui ce sont les fan-fictions qu’ils adorent.

— Je ne connais pas.

— Il télécharge cela depuis l’internet et lit sur sa liseuse. Il en dessine même.

— Attention aux droits d’auteur. Il a droit d’écrire ou de dessiner des histoires, originales, avec des personnages qui ne sont pas les siens, mais à condition de ne faire que des citations et surtout, de ne pas les vendre. Par exemple, vous pouvez dessiner des aventures de Batman à Limoges, le présenter au public, en donner quelques extraits, mais pas les vendre.

Chemin faisant, conversation aidant, la petite voiture bleue de la gendarmerie quittait la capitale limousine en direction de la cité pèlissière. La demi-heure de route a été vite passée.

La gendarmette déposa sa passagère devant chez elle, il avait été convenu qu’elle passerait à la gendarmerie en début d’après midi.

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Confrontée à deux gendarmes, à deux policiers, madame Fontanilhas tenait sa place. Assise dans la salle de réunion, le dos droit, une lueur dans les yeux pour jauger des intentions des personnes face à elle. C’est Sylvaine qui lança les hostilités.

— Merci à vous d’être venue répondre à nos questions. Le léger mouvement dans le corps de madame Fontanilhas était à traduire non-pas comme une faveur qui avait été faite, plutôt comme une défiance qui semblait dire « mon fusil est chargé, vient voir si je suis ton lièvre ». Lundi matin, lors de notre venue pour vous questionner au sujet de votre relation avec monsieur Labecqua, vous ne nous avez rien dit sur l’accident causé par votre marri.

— Il était à l’hôpital suite au malaise qu’il a fait en découvrant cette mort, terrible. Je vous l’ai dit qu’il était indisponible.

— Vous aviez peur de quelque chose.

— Nous étions avec ma fille sous le choc de cet accident. Et puis, par principe, à la police, moins on dit, plus on est tranquille.

— Maëlina Campanys, ce nom vous dit quelque chose ?

— C’est le nom de la personne morte dans l’accident, malheureusement.

— Mais avant ce drame, vous ne le connaissiez pas ?

— Non ! Il n’y a aucune raison pour moi de connaître les ivrognes de St Junien.

— C’était l’amante de la femme de votre amant.

— Ho la putain ! L’invertie ! Hé bien celle-ci ! Enfin, je veux dire, Christian a toujours dressé un portrait exemplaire de sa femme, quasiment une de ces vierges de plastique qui toujours sourit aux innocents.

— Jamais monsieur Labecqua vous a parlé d’un doute sus sa femme.

— Non, jamais. Mais je dois vous rappeler que dans notre contrat, il n’y avait de place pour les conjoints. Je veux bien faire la psy cinq minutes mais pas plus. Certains en font métier et demande de l’argent pour écouter.

— Jamais rien sur sa femme.

— Je l’ai rencontrée quelques fois. Qu’elle le fasse cocu, je serais bien mal placé pour juger. Et lui qui voyait une sainte, elle était lesbienne.

— Je comprends bien, ajouta Piarron, mais vous êtes ici car deux accidents avec deux fois des noms identiques nous interpellent. Connaissez-vous Angoulême ?

— Oui, bien sur, j’y suis allé pour le festival de la bédé, cela fait aussi partie de mon métier de libraire.

— Maëlina Campanys était d’Angoulême, pas de St Junien.

— Et je n’y peux rien. Angoulême, St Junien ou Bouzy les géraniums, c’est une ivrognesse qui s’est jettée sous les roues de notre voiture. Elle était peut-être un peu dépressive, vous savez les lesbiennes, elles ne sont pas toujours très claires avec l’alcool. Elle boit et décide de se suicider, sous les roues de notre voiture, et c’est nous qui allons porter le chapeau.

— Vous pourriez avoir un peu de respect.

— Mais qu’est-ce-qu’il vous faut de plus ? Mon carnet d’adresse, une puce pour étudier mes mouvements. Dites. Les gens ici ne nous aiment pas, ils nous traitent de parisiens, les gens qui réussissent par leur travail, ça les dépasse.

— Hé, notre travail est de mener l’enquête.

— Eh bien il y a des voleurs dehors, des violeurs, des personnes qui détournent de l’argent, mais, mais c’est notre famille qui est attaquée. Vous désirez que l’on ce coupe les veines dans votre commissariat, c’est ça. Donnez-moi une arme, qu’on en finisse.

Elle termina sa tirade effondrée sur sa chaise, le visage pris entre les mains. L’entretien avait pris fin quand un gendarme arriva pour annoncer l’arrivée de monsieur Fontanilhas, qui lui aussi, devait être interrogé.

Une fois madame hors de la pièce, Alan laissa échapper quelques remarques sur le jeu d’acteur de madame Fontanilhas.

Peu de temps après, c’est monsieur Fontanilhas qui arriva dans la pièce.

Quelle ne fut pas la surprise des deux inspecteurs de La Rochelle de voir entrer une personne aux cheveux long, blond, peut-être plus grande que dans leur imagination. Ils eurent ensemble un léger mouvement pour retrouver contenance.

Ils lui demandèrent s’il connaissait monsieur Labecque.

— Il faut toujours se méfier d’une femme trompée. Si elle décide de se venger, elle ne le fait pas à moitié. Ma femme m’a raconté son aventure lundi, lorsque je suis rentré de l’hôpital. Après, elle est rentrée à Orléans pour accueillir Amélie Nothomb.

— Et vous l’avez déjà rencontré.

— Oui, je suis intervenant dans la même école d’art à Orléans. De plus, ma femme l’avait invité lors d’une exposition dans la librairie. C’est un très bon photographe.

— Vous connaissiez sa défunte femme ?

— Non, pas le moindre du monde. Je crois savoir qu’elle était dans l’enseignement, rien de plus.

— Vous êtes architecte, non ? Ces deux histoires, avec des protagonistes en commun, vus y voyez pas comme une structure ?

— Une coïncidence, rien de plus. Je suis un homme rationnel. Voyez-vous, au risque de paraître un peu froid, indifférent, dans mon métier, la structure, c’est ce qui tient le bâtiment debout. Les croyances, c’est le domaine de ma femme.

— Vous avez peut-être raison, ajouta un Alain qui ne désirait rien lâcher. La personne victime de votre accident, vous la connaissiez ?

— Non, pas du tout. J’ai déjà expliqué les circonstances de cet accident, l’éblouissement, la voiture neuve, et puis, cette personne ivre.

— Elle est d’Angoulême, insista Sylvaine. Vous connaissez la ville.

— Pas plus que ça. J’ai répondu a des marchés public, mais sans succès.

— Et La Rochelle ?

— Encore moins.

— Merci pour vos réponses. S’il n’y a pas d’autres questions, vous allez pouvoir y aller.

Une fois le témoin sortit de la pièce, Piarron interrogea les policier sur l’expression qu’ils avaient en voyant entrer monsieur Fontanilhas.

— Vous ne l’avez pas pris pour une femme, vous, capitaine ? Demanda Sylvaine, alors que Alain fut subitement pris d’une quinte de toux.

— Bien sûr que oui, la première fois où j’ai vu sa silhouette à l’hôpital, mais de face, non. Alain, si tu veux, on a des tisanes pour faire passer les toussotements. Et puis cette voix, même si certains tousseurs ici présents mangeaient des cailloux pendant un an, ils ne l’auraient pas aussi grave.

— Pardon, j’ai avalé de travers.

— Le chef de gare s’est interrogé de la même façon, car lui aussi, il attendait une blonde.

— Quoi !

— Il faut savoir que Maëlina n’est pas arrivée seule à St Junien. Elle était accompagnée d’une blonde mystérieuse que personne ne semble connaître ou avoir vue dans la ville.

— Une blonde !

— Oui, nous sommes partis au début que c’étaient deux fêtardes d’Halloween, qui avaient échoué dans le train d’Angoulême ou alors que la blonde mystérieuse, était partie cuver chez elle. Entre-temps nous avons fait paraître un avis de recherche, infructueux.

— Sur la blonde, on va éclairer votre lanterne. La brune et la blonde, si c’est bien une femme, ont quitté La Rochelle ensemble dans une voiture semblable à celle d’Alain. Elles sont arrivées à Angoulême vers minuit. Sur les deux, nous pensons, nous, que seule Maëlyna a bu. Nous avions perdu sa trace à Angoulême, mais nous savons pourquoi. Il se trouve que la blonde, d’une taille comparable à celle de monsieur Fontanilhas, c’est fait ouvrir la porte d’une hostellerie de charme à La Rochelle. C’est dans une des chambres qu’a été découverte morte, madame Labecqua. Mais, il y a quelque chose qui ne va pas dans ce que je viens de dire. Nous pensons que la blonde qui s’est fait ouvrir la porte est une personne travestie, or, monsieur Fontanilhas a des cheveux naturels. Enfin, en peu de mots, l’affaire peut-être résumée ainsi « un homme tue par erreur la maîtresse de la défunte femme de l’amant de sa propre femme ». Où est le lien entre les quatre ? Pourquoi venir la tuer à St Junien ? Que c’est-il passé à La Rochelle. Vous avez vérifié l’histoire de la voiture du Fontanilhas ?

— Oui, une voiture neuve. Il conduisait avec sa fille devant la gare. Il ne pouvait pas être la blonde dans le train, et faire des ronds devant la gare en attendant sa femme.

— Et la fille ?

— Quand même, Sylvaine, elle ressemble sa mère, elle sait conduire, mais non, des personnes nous ont dit l’avoir aperçue avec son père.

— Il faut que je réfléchisse, il faut que je réfléchisse, mais moi aussi, les coïncidences, c’est pas mon truc. J’aimerais voir les affaires du cabas de Maëlyna, pour m’aider, me faire une idée. Et dites à Sonia de venir donner son avis. Elle est honnête et ne dira rien. Elle m’a aidée une fois à La Rochelle. Après, nous irons manger. Alain sera tout heureux de passer une nuit de plus à St Junien.

— Ce n’est pas ce que vous croyez, j’ai dormi sur le canapé.

— Prenez-moi pour une buse alors qu’on est chez les poulets.

~ ~ ~

À l’idée de venir jouer les détectives, journalistes et policières, Sonia ne tenait pas plus en place que si elle était tombée dans une fourmilière. Sans trop de gêne, à peine entrée dans la pièce où étaient éparpillées les affaires contenues du cabas qu’elle claque la bise aux différentes personnes déjà assises, à Séverine, à Sylvaine.

— Et tu ne me fais pas la bise à moi ? Dit un Alain avec un air de chien battu. La jeune femme n’eut pas le temps de répondre, car Piarron entrait dans la pièce.

— Je vais faire l’inventaire des affaires présentes dans le cabas que nous avons trouvé à la gare :

  • des tiquets de banque ;

  • une petite bouteille de cognac ;

  • un tiquet de train à la date du 1er novembre. Il a été composté à Angoulême à 5 heures 20 du matin. Ce billet avait pour destination St Junien ;

  • une carte multi-services régionale valable dans le Poitou-Charente, selon ce que nous a dit Alain, c’est cette carte qui est le sésame pour pouvoir faire les locations de voitures ou de bicyclettes, voyager en bus ou en train régional ;

— Si la carte peut être utilisée pour prendre le train, pourquoi avoir pris un billet ? S’écria Sonia.

— Ce n’est pas la même région administrative, le papier bleu 36-15DDE alinéa 7-8 n’a toujours pas été validé par les fonctionnaires de la haute Vienne.

— Alain et Sonia, nous ferrons des commentaires après la présentation.

— Bien chef !

— Je reprends :

  • Une petite bouteille de verre sans le capuchon pour la fermer ;

– Oh du « ramune » s’écria Séverine ce coup-ci, avant d’essuyer les regards noirs de ses collègues.

  • « Tōkyō express », un livre de Matsumoto Seichō.

Je vais passer à l’inventaire du sac à main qui était contenu dans le cabas :

  • un paquet de mouchoir en papier ;

  • du rouge à lèvre ;

  • un porte-monnaie avec 250 euros

  • un téléphone portable que nos services ont débloqué, je vous donnerai les derniers numéros appelés par la suite ;

  • un carnet avec des notes ;

  • un agenda.

Voici la liste des objets. Séverine, vous semblez savoir ce qu’est cette bouteille ?

— Oui, bien sur ! C’est une bouteille de « ramune », de la limonade japonaise. Cela se trouve dans les épiceries asiatiques. Les fanatiques du Japon comme mon copain en boivent, ça fait donne un certain genre, quoique certains parfums ne soient pas très très bons.

— Autre chose ? Sonia, non pas bavarder, quelque chose à dire sur le livre ?

— Je disais que demain je vais à Limoges, je passerai acheter de cette limonade dans une épicerie, pour nous imprégner des éléments de l’enquête. Autrement, oui, le livre, c’est un chef-d’œuvre de la littérature mondiale. Si je me souviens bien, un couple est trouvé mort. Les gens pensent à un suicide, mais, et c’est toute l’intrigue, un inspecteur se rend compte que les horaires des différents protagonistes ne collent pas, sauf à prendre l’avion. Un personnage était monté à un quai de gare, descend une fois son alibi composé par quelques témoins, il descend pour prendre un autre train pour la même destination, mais plus rapide. Un peu comme la fois où tu es monté à Paris en TER, et que à Vierzon, tu t’es fait doubler par un direct.

— Et tu crois qu’il pourrait y avoir un lien ?

— Alain le pense, il est même en train, pour ainsi dire, de le lire. Ici, à St Junien, une telle aventure est possible avec le train de la mi-journée, quand le train se scinde en deux.

— Pardon ?

— Oui, il y a des jours où le train se scinde en deux, une partie file vers Angoulême, l’autre repart vers Limoges, ou quelque chose de ce genre. Il faudrait demander des précisions aux cheminots, mais cela ne semble pas difficile dans ces circonstances de donner le change en faisant croire être descendu du train et remonter dedans pour tuer quelqu’un.

— Si j’ai bien compris, dit Sylvaine en train de dessiner sur une feuille la gare et les voies, il y a des horaires où deux trains arrivent ensemble à St Junien, un dans un sens, un dans l’autre,

— Oui c’est le genre de situation que j’ai déjà vu. Mais attention, j’ai peut-être mal compris les manœuvres.

— Donc, dit Alain, une personne pourrait faire croire qu’elle arrive de Limoges, alors que en vérité elle arrive d’Angoulême, ci, si et seulement si, elle sort du côté des voies et, par exemple, marche baissée jusqu’au second train. Cette hypothèse est plaisante, mais Roulletabille oublie que beaucoup de monde a vu la « mystérieuse blonde aux cheveux longs » descendre du train à… voyons mes notes, à 7 heures et quart du matin. Roulletabille oublie également que la seule que personne ne peut soupçonner arrive de Limoges, 2 heures après. Il faut arrêter de lire des romans.

— Nous irons voir ce système de trains qui arrivent et qui partent cependant, dès demain s’il le faut, annonça Sylvaine

— Les samedis et les dimanche, c’est ainsi que ça marche, ajouta Sonia, après je dis des choses pour faire avancer l’enquête, rien de plus.

— Mais, dit Sylvaine, tu me sembles bien au courant du système. Tu loges à la gare ?

— Mais, répondit Sonia, sauf erreur de ma part, inspectrice, vous n’êtes pas sans savoir que je me suis fait dérober mon automobile à La Rochelle, charmant port de pêche dont la police ne semble pas toujours d’une efficacité impayable. Enfin, je dis cela, je ne dis rien, mais depuis, je voyage beaucoup en train pour votre gouverne. Et les horaires, depuis le vol de la Noël, je vais finir par les connaître sur le bout des doigts.

— Nous allons en entendre parler de ce vol.

— Séverine interrompit la discussion en présentant la fiche horaire.

La fiche indiquait qu’il fallait vraiment en vouloir pour venir d’Angoulême dans la cité gantière en ce jour de novembre, le premier. En vérité, il n’y avait qu’un seul train, celui qui avait charrié la jeune femme brune et son acolyte blonde.

— Et tenez-vous bien, continua la gendarmette, dans le sens Limoges Angoulême, le seul train est également celui que madame Fontanilhas a pris, départ de Limoges Bénédictins à 08h22 > Limoges Montjovis > 08h30 > Aixe sur Vienne > 08h39 > Saint Victurnien > 08h52 > Saint Junien > 09h00.

Le train arrive à Angoulême à 10h12.

— C’était jour de fête, la Toussaint, voila pourquoi. Il y a de moins en moins de monde pour vouloir prendre le train, par conséquence, il y a de moins en moins de trains. Et puis, le père et la fille ont affirmé avoir vu le train arriver en gare depuis l’aire de stationnement devant la gare. Comme la jeune fille avait mis la chauffage à fond, le froid du dehors avait créé de la buée, ce qui fait qu’elle manœuvrait avec les vitres ouvertes.

— Ce qui est d’une logique extraordinaire, dit Sonia, encore une gamine avec une conscience écologique du tonnerre.

— Et encore, ajouta Alain, les autres protagonistes sont une voyante lesbienne, un fanatique du Japon, un constructeur de hangars aux cheveux longs, cette bourgeoise… il n’y a plus qu’à inculper le copain fasciste ou la mère qui sauve les requins dans la Char…

— Ça va, monsieur le réac ! Il faut arrêter de regarder le monde depuis la cuvette de tes chiottes.

— Pardon, mais la mère est quand même bien atteinte avec ses bébés requins,

— Je ne parlais pas de la mère… c’est quoi cette histoire de requin.

— La mère fait dans les traitements tous sauf conventionnels, dit Piarron, nous avons visiblement les mêmes renseignements que la police. De plus, elle est la cheffe de file d’un groupe de protection du requin blanc dans la Charente.

— C’est quoi cette connerie.

— Une plaisanterie. Certains pensent que la centrale de Civeaux fait se réchauffer l’eau de la Charente.

Laissant la journaliste régler ses comptes avec son ami, Piarron s’approcha de l’inspectrice qui n’en finissait pas de tracer des traits dans son carnet. Il lui demanda où elle en était des différentes hypothèses.

— Aucunes certitudes. Vous avez analysé les papiers de la banque.

— Ils sont anciens, probablement oubliés au fond du cabas. C’est un peu comme le téléphone, pas un numéro d’enregistrés dans le répertoire. Peu de traces de conversation en dehors de sa mère et son copain.

— La paranoïa de la mère a fait bonne école.

— Il y avait le texto de réservation de la chambre à La Rochelle, le code également était enregistré.

— Je propose, dit Sylvaine, que nous en restions ici pour aujourd’hui. Il fera jour demain, nous avons bien avancé aujourd’hui.

— Vous avez raison, répondit Piarron. Je constate que selon le théorème de Matsumoto, il est possible de venir dans une petite ville tuer une personne et ensuite changer de train afin de peaufiner son alibi. Cela est possible tous les samedis de l’année, de 13h05 à 13h15, sauf le jour de la Toussaints. C’est le jour où une personne est venue, avec plaisir, à St Junien pour détruire ce théorème. Quelqu’un se moque de nous. Je ne sais ni qui, ni pourquoi, ni comment, mais quelqu’un se moque de nous.

— Hé, calme-toi. La seule ici qui connaisse les horaires de trains par cœur, ceux des jours pairs, des jours impairs, avec ou sans bagages à main, la seule, c’est Sonia. Nous serons bien d’accord, toi et moi, pour ne pas passer les menottes à ses petites mains frêles comme l’oreille d’une tasse de porcelaine.

— Toi, tu ne perds rien pour attendre. Quand ma main va rencontrer ta joue, tu vas voir les mains de porcelaine comment elles sont fragiles. Tu espères peut-être coucher avec moi pour me ficeler et me saucissonner sur le lit, mais attention l’ami, au premier interrogatoire, la suspecte donnera le nom de son complice, c’est-à-dire « ton nom ! ».

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