Avant le printemps à venir…

Ai pas l’eime de iò virar en lemosin, ‘laidonc vos laisse lu bilhet dins la linga daus descreissant-a-s d’Orleans (>fr)

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Un petit billet « lecture » avant le printemps à venir qui nous obligera à sortir de nos coquilles pour jardiner, glaner, arranger, préparer, manifester… sortir de nos coquilles pour aller, ou pas, voter.

Le « manifeste pour une dotation inconditionnelle d’autonomie » est un petit livre qui présente les bases de ce concept qui risque de faire florès dans les prochains débats politiques. Le premier chapitre est un très bon résumé des idéaux de décroissance, les chapitres suivants font une critique de la société actuelle de consommation et présentent ensuite le projet de dotation comme un outil économique et social d’émancipation.

Le livre serait d’une lecture agréable s’il n’y avait pas les innombrables liens « pour plus de précision » et s’il n’y avait pas des dites et redites, des passages assez « technocratiques » sans oublier quelques passages ésotériques ; pourquoi inventer un concept comme celui de « mégamachine » quand le mot « oligarchie » se trouve même dans un dictionnaire de poche : régime dans lequel la souveraineté appartient à une classe restreinte.

  • L’image vous portera d’un clic au site associé. Ouvrage collectif de Vincent Liegey, Stéphane Madelaine, Cristophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot.
  •  Sur le thème de la dotation, suivez ce lien pour écouter ou ré-écouter un programme de France Culture.

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« L’écologie, un combat pour l’émancipation » de Corinne Morel Darleux. Le livre est un recueil de texte, de discours d’une militante du Parti de Gauche. Même s’ils n’étaient pas destinés à être publiés, ces textes sont très bien écrits et l’insertion de billets du jouèb de l’auteure sont autant d’illustration de la vie d’une campagne. Ces textes abordent franchement les idées de décroissance sans jamais les découpler de la question sociale, ils sont autant d’outil de contestation que d’invention dans notre société dont la tête demeure aliénée au guidon croissantiste.

Le livre est paru en 2010, 4 ans après, beaucoup d’analyses restent pertinentes, cependant, certaines prises de position du « chef médiatique » les contredisent.

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Coté radio, 2 liens qui seront 3  pour écouter ou ré-écouter France Culture :

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Coté presse écrite, le n°2 de la revue dessinée est sorti.

  •  « Gaz de schiste : opération lobbying » enquête de Sylvain Lapoix et Daniel Blancou,
  •  « Les plaies de Fukushima » un récit d’Emmanuel Lepage, (auteur d’une bédé sur Tchernobyl)

et encore au sommaire : la suite du reportage sur la ménagerie du jardin des plantes, l’histoire d’un VRP de l’armement, le billet « éco »…

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Coté presse écrite, il y a le journal « la Décroissance » dont l’auteur de ce billet en dira du bien après que les journalistes cesseront d’utiliser le subjonctif à tort et de travers.

Dans l’Âme des poètes, Charles Trénet a écrit : Longtemps, longtemps, longtemps après que les poètes ont disparu, leurs chansons courent encore dans les rues...

Le subjonctif est le temps du souhait, de l’hypothèse, « après que » est suivi d’un indicatif car « après l’action » il est trop tard pour avoir quelques velléités que se soient, sauf à souffrir de troubles de positionnement dans l’espace et le temps.

Sans ignorer que le pilkunnussija de service est un francophone contraint.

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Toujours coté presse, il y a également « Article 11 », un canard sauvage de critiques sociales, avec des entretiens, des reportages. Même s’il répète parfois des lieux-communs, sur la langue basque par exemple qui « n’était qu’une langue orale », la seule existence de la rubrique « le cri de la tomate » lui vaudrait d’être mentionné dans ce petit billet.

Voici joint l’extrait d’un entretien publié sur le site du journal :

Il fut un temps où Denis Robert, petit vigneron ardéchois, ne lésinait pas sur les produits chimiques pour traiter ses vignes. Ça lui semblait un passage obligé. Logique : on ne lui avait jamais dit ou enseigné qu’il était possible de faire autrement. Jusqu’au jour où il a soudain changé son fusil d’épaule, passant de l’arsenic au bio.

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